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Chapitre 5 : Les gens qui s’aiment

Les gens qui s’aiment sont cinq chapitres de cinq histoires différentes. Ces récits témoignent de l’amour entre les Hommes. Voici son cinquième chapitre. 

Le cinquième et dernier chapitre est celui d’une promesse. Il est l’adolescence, l’apprentissage, l’union, la solidarité et la disparition. Il est l’éveil, la rencontre, et l’impatience.

C’est Thelma et Louise. C’était parce que c’était elle, parce que c’était moi. C’était parce que je la connaissais de vue, de loin, et de près sans jamais lui avoir parlé. C’était parce qu’elle m’a plu comme un garçon, comme un garçon qui m’aurait plu toute ma vie. C’était parce que je suis amoureuse des garçons et qu’elle m’écoutait être amoureuse. C’était parce que c’était simple, et évident, qu’elle était pour moi ce que j’étais pour elle, que nous étions folles et passionnées, révoltées et vivantes. 

Je me souviens, Louise, de ton 501, de tes pulls col en V, de ton corps d’enfant, et de tes yeux toujours rieurs. Je me souviens Louise, de nos lieux et de nos rendez vous. De nos cafés, de nos cigarettes, nos allumettes et nos amourettes. Je me souviens Louise de notre première fois, du hasard ou du destin ou de la professeur qui choisit de nous mettre côte à côte le jour de la rentrée. Je me souviens Louise, de notre première conversation, de la photo du garçon que tu aimerais embrasser, et qui plus tard, sans que ni toi ni moi le savions, deviendra ton mari, celui que tu as embrassé toute ta vie.

Je me souviens Louise, de tes yeux, et de ta joie. Oui, Louise, je me souviens de ta joie, comme je l’ai aimée, je me souviens de nos lois, comme tu m’as fais rire, comme aucun sourire ne m’a fait sourire, comme aucune de mes heures m’ont offert autant de bonheur, Louise, comme je t’aime. Comme ils étaient tendres les jours où nous étions deux, comme ils étaient fous et fait d’aventures. Et ce premier jour, est devenu le reste de notre vie. Tu es mon amie, ma sœur, mes fous rires, ma solution à la peur, à mes angoisses, à mes pleures qui ont la poisse, ma femme éternelle est terriblement belle.

Hardy chantait il n’y a pas d’amour heureux, parce que Aragon écrivait son oiseau blessé, alors Louise, je t’écris. Je t’écris et je t’ouvre mes bras, je t’écris et te serre à bras ouvert, je t’écris et ne retiens pas tes larmes. Je t’écris, mon bel amour, mon doux bonheur, et te porte comme le plus beau de mes souvenirs. Je t’écris, et tu m’as appris à vivre, il était tôt et j’ai appris à vivre.

Je t’écris, nos cœurs à l’unisson, je t’écris nos cœurs à frissons, je t’écris nos cœurs à l’abandon. Je t’écris et entends une mélodie, je t’écris et t’emmène dans ma drôle de vie, je t’écris Louise, et si je parle d’amour, je parlerai de toi, et si je te pose des questions, je sais ce que tu me diras, et si je t’aime je sais que ça t’aidera, et si j’écris des poèmes, je sais que tu m’aimeras.

Louise, tu étais blonde, et j’étais brune. Louise, j’étais blonde, et tu étais brune. Louise, j’étais extravertie, Louise, tu étais introvertie, Louise, tu étais sociable, Louise, tu étais généreuse, Louise, tu étais exclusive. Louise tu étais tout, et nous étions une. Puis, Louise nous nous sommes mariées, nous sommes devenues beaucoup de choses. Femme, mère, nous sommes devenues beaucoup de choses mais nous sommes restées amies et adolescentes. 28 années, entre le Nord et le Sud, 28 années, entre toi et moi, rien n’a changé à part l’âge, les bouts de nos visages qui s’effilent comme le temps qui défile. 

Puis Louise, un jour, un homme est arrivé, et tu as perdu tes cheveux. Louise, le cancer t’a tué ce 13 mai. Louise, tu es partie, et je sais bien que tu es encore là, quelque part, nulle part, et partout avec moi. Si bienveillante, Si joyeuse, je me demande encore pourquoi toi. La mort t’a prise, t’a emporté, j’espère dans un bel endroit, ou dans un chouette café. 

Louise, j’ai encore ta voix enregistrée sur mon téléphone, j’ai encore ton visage dans mes yeux, j’ai encore ce fameux coucher de soleil sur les vignes dans mon souvenir. Louise, je t’ai encore dans la chaleur de l’été, et la pâleur de l’hiver, je t’ai encore au creux de ma paume, et aux quatre de coins de ma peau. 

Je t’ai encore, mon amie, je t’ai encore et je t’aime encore, et je t’aimerai toujours. 

Adieu bientôt. 

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