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Boycott de L’Oréal par les internautes : les raisons

boycott l'oréal

Suite à un communiqué du groupe L’Oréal, un boycott de la marque s’organise sur les réseaux sociaux. Cette réaction provient de la décision du groupe de retirer les références au « blanchiment » de ses produits. Certains consommateurs de la marque se sentent attaqués par la décision du groupe. Et, ils décident de se filmer en train de jeter les produits de la marque à la poubelle pour protester. En parallèle de ces réactions, des questions de santé publique majeures se posent quant à ses produits « blanchissants ».

Le retrait des termes à connotations racistes des produits L’Oréal

Dans un communiqué du 27 juin 2020, L’Oréal a annoncé le retrait de certains termes de ses produits. Désormais, les termes « blanc », « blanchissant », « clair » et « éclaircissant » n’apparaîtront plus sur les produits destinés à uniformiser le teint. 

Unilever, un autre géant de l’industrie de la beauté, a entrepris de rebaptiser sa crème éclaircissante « Fair & Lovely ». En effet, la marque s’engage « à célébrer tous les tons de peau » en bannissant l’utilisation du terme « fair » (« clair »).

Cette décision intervient dans un contexte particulier qui pousse les marques à réagir pour se conformer aux revendications de ses consommateurs. En effet, des manifestations anti-racistes ont lieu dans le monde entier suite à la mort de George Floyd. Cet afro-américain a été asphyxié lors d’une intervention perpétrée par un policier blanc à Minneapolis. 

Face à cette lutte globale contre le racisme systémique présent dans nos sociétés, de nombreux groupes américains se voient contraints de modifier leurs identités visuelles. Les marques Uncle Ben’s et Aunt Jemima ont entamé un processus pour retirer de leur packaging toutes connotations racistes.

changement identité visuelle des marques oncle ben's et Aunt Jemima
© 20 minutes.ch

Malgré le soutien du groupe L’Oréal au mouvement « Black Lives Matter », ce communiqué de presse a provoqué des réactions virulentes de la part des internautes. Ces derniers ont appelé au boycott du groupe sur les réseaux sociaux et notamment sur Twitter.

Appel au boycott de L’Oréal sur les réseaux sociaux 

Au lendemain du communiqué du groupe, une campagne de boycott à l’encontre de L’Oréal est lancée sur les réseaux sociaux. Le hashtag #JarreteLoreal était en tendance sur Twitter. Et sous ce hashtag, les internautes se sont divisés en plusieurs groupes.

D’un côté, ceux qui souhaitent boycotter L’Oréal, car il semble se détourner et faire culpabiliser sa clientèle blanche par ses propos. Ces internautes ont posté des vidéos dans lesquelles ils jettent les produits du groupe à la poubelle. « Si L’Oréal ne veut plus de blancs… Moi je ne veux plus qu’ils me fassent bronzer ! », est l’une des exclamations postée par un consommateur pour accompagner sa vidéo sur Twitter. 

Et d’un autre côté, ceux qui se moquent de ces internautes « blancs ». En effet, ce groupe déplore les raisons pour lesquelles ces derniers se sont décidés à boycotter la marque.

« Boycottez L’Oréal pour de vraies raisons, les tests sur les animaux, ses investissements considérablement en Israël, État qui pratique apartheid et colonialisme… Et non c’est pour des mots retirés de ses produits… Vous êtes aussi répugnant que cette firme #JarreteLoreal »

D’autres internautes dénoncent l’absurdité de la situation à travers l’humour. « Est-ce que j’ai encore le droit d’avoir les cheveux blancs ? » s’interroge ironiquement un autre utilisateur sur twitter.

Confusion sur la dangerosité des produits « blanchissants »

À la suite de ce communiqué, les internautes se sont également interrogés sur la dangerosité des produits L’Oréal. En effet, leur volonté de boycott est animé par une crainte vis-à-vis des produits du groupe.

La gamme « White Perfect » est notamment dans le collimateur. Cette gamme, disponible en Afrique et en Asie, promet de protéger des UV et de réduire les taches brunes. Un dirigeant de L’Oréal, interrogé par le Figaro, a apporté des précisions quant aux produits « whitening » (« blanchissant ») de la marque. « En Asie, les produits de soin dont la fonction est d’uniformiser la peau (…) sont traditionnellement désignés par l’appellation whitening ».

Ainsi, le terme « whitening » ne renvoie pas à une notion de couleur de peau. Et les produits portant cette mention ne permettent pas de dépigmenter ou d’éclaircir la peau. Le site singapourien de la marque confirme cette définition puisque la gamme « White Perfect » sert bien à illuminer le teint et à réduire les taches brunes. Mais pourtant, ce même site montre que le marketing autour des produits « whitening », continue de faire référence à une couleur de peau. En effet, la marque associe les effets cités plus haut à l’obtention d’une peau « claire » (« fair ») et « sans défaut » (« flawless »).

Gamme white perfect de L'oréal en asie
© Amazon – Capture d’écran du site singapourien de L’Oréal

Ces paradoxes, entre les affirmations du groupe et son marketing, témoignent du positionnement ambigu de la marque quant à cette lutte mondiale contre le racisme. Cette ambiguïté traduit la difficulté du groupe à faire un choix entre l’éthique et l’appât du gain.

En outre, la présence massive de ces gammes dans ces régions n’est pas un hasard. Elles reflètent une réalité culturelle bien ancrée dans l’inconscient collectif. Il existe, dans ces parties du monde, un fantasme autour de la blancheur de la peau. Et ce, depuis des siècles. 

C’est au Moyen-âge que ce fantasme commence à se dessiner. La peau aussi blanche que la craie devient un signe de réussite sociale. Et, cette croyance a perduré au fil des siècles sur l’ensemble de la planète. Les marques ont utilisé ces croyances dans leur marketing. Et par ce biais, elles ont participé à les entretenir. Notamment, en utilisant des égéries qui reflètent ces critères de beauté. À savoir : un teint clair, des cheveux et des yeux clairs.

Leurs diffusions massives dans le monde entier, ont eu pour conséquence de faire culpabiliser les femmes noires et asiatiques. Ces dernières ne peuvent se reconnaitre dans ces égéries. Et elles souhaitent se formater à ses diktats affichés partout. Pour réaliser leurs objectifs, elles se voient contraintes de recourir à des produits dangereux pour leur santé afin d’atteindre cet idéal de beauté biaisée.

les dangers des produits dépigmentants, illégal
© leshappyecuriennes.com

Les produits dépigmentants, dont il est question ici, sont illégaux. La confusion des internautes quant à la dangerosité des produits L’Oréal, a mis sur le devant de la scène le marché parallèle et illégal des produits de « blanchiment » et de « dépigmentation » de la peau. Ces produits, provenant du marché noir, sont composés de substances interdites en France depuis des années. L’hydroquinone, les corticoïdes et les dérivés de mercure sont les principales substances nocives de ces crèmes. Ainsi, l’utilisation de ces produits a de graves conséquences sur la santé de leurs utilisatrices. De graves lésions cutanées telles que des cancers ou d’autres troubles comme la cécité ou l’hypertension peuvent survenir.

Cependant, une précision de taille est à apporter. Les produits L’Oréal, affichant les mentions « éclaircissantes » ou « blanchissantes », ne comportent pas de « risques significatifs » pour la santé. En effet, la marque n’utilise pas dans sa fabrication, les substances nocives citées précédemment.

Face aux questions adjacentes soulevées par ce communiqué, que pensez-vous du retrait de ces termes ? Est-ce un réel engagement de la part du groupe L’Oréal ou un simple outil marketing ? 

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