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Aurore et Estelle, d’un jeu de rôle à une histoire d’amour

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Aurore et Estelle, d’un jeu de rôle à une histoire d’amour

En couple depuis bientôt cinq ans, Estelle Dindin et Aurore Le Corrone nous raconte leur histoire d’amour. 

En octobre 2021, ça fera cinq années que les jeunes femmes sont en couple. Couple qui s’est d’ailleurs formé de manière surprenante. En effet, Estelle et Aurore se sont rencontrées sur le SD Facebook. Le SD Facebook est un jeu de rôle sur le réseau social consistant à interpréter un personnage en lui imaginant une vie et dialoguer avec d’autres utilisateurs. Elles ont fait parler leurs personnages avant de petit à petit passer en « IRL comme on dit, in real life », et parler véritablement toutes les deux. 

L’histoire de leur couple

Il s’est passé six mois entre leurs premières discussions et l’officialisation de leur couple. Pendant ce temps là il n’y a pas eu de « cap amical », ça a toujours été ambiguë. Elles savaient qu’elles ne seraient pas que des amies dès le départ. Et ce, malgré la distance car en effet les deux femmes vivaient à pratiquement 800 km l’une de l’autre. Aurore était à Bayonne et Estelle à Cannes. Une distance qui a su être mieux gérée par Aurore, « elle est plus âgée que moi, je pense que tu appréhendes les choses différemment quand t’as cinq ans de plus ». Cet éloignement a été plus facile à vivre par le fait qu’elles se voyaient entre et à chaque vacances scolaires. 

Si leur histoire d’amour a mit plusieurs mois pour voir le jour c’est notamment à cause des appréhensions d’Estelle. En effet, n’ayant jamais eu d’expérience avec les filles avant, l’adolescente n’était pas vraiment pour l’idée de se mettre en couple au début de leur histoire. « Pendant quelques mois, j’étais fermée à l’idée ». Étant dans le flou, la jeune fille de 16 ans restait dans l’ambiguïté sans laisser de portes ouvertes. À travers les heures de discussion, Estelle a fini par s’attacher et avoir envie de cette relation. 

À la question « Est-ce la même expérience de commencer une relation avec un homme ou avec une femme ? », Estelle a répondu : « Je pense que ça dépend de la personne et non de son sexe, bien que je pense qu’entre filles il y a plus de compréhension sur davantage de choses ». Avis qu’Aurore ne partage pas s’étant déjà sentie mieux comprise lors d’une ancienne relation avec un garçon que lors d’une précédente relation également avec une fille. 

Les deux femmes ont confié n’avoir jamais fait l’expérience de remarques ou insultes homophobes que ce soit dans des lieux publics que sur les réseaux sociaux. Remarque agréable à constater !

Le parcours vécu avec angoisse d’Estelle

C’est une étudiante de 20 ans en troisième année de Lettres modernes à Bayonne. Son but étant de devenir professeure des écoles, de ce fait l’année prochaine elle rentre en master MEF premier degrés. Entre son amoureux du primaire et ses premières relations au collège et au lycée, Estelle n’a eu qu’une seule vraie relation avec un garçon avant de rencontrer Aurore. 

La jeune femme ne se considérait pas vraiment hétérosexuelle à l’époque « je ne m’étais juste pas poser la question ». Expliquant que même si elle n’avait pas eu sa relation avec Aurore, elle aurait dans tous les cas eu des interrogations sur son orientation sexuelle dans les années suivant son adolescence. Aujourd’hui la future professeure se considère lesbienne, persuadée qu’elle finira sa vie avec une fille. 

Estelle a fait son coming-out à ses parents par message, ayant plus de courage à travers l’écriture qu’en face à face. Ses amis s’en doutaient sans même qu’elle est besoin de leur confier. Son entourage a été un soutien pour elle. La personne la plus réticente concernant sa relation avec une fille a été son père, étant de la vieille école. 

Lorsqu’elle a comprit qu’elle avait de l’attirance pour les filles, Estelle a commencé à ressentir du malaise en elle, traduit par de l’angoisse et des crises de spasmophilie. « J’étais jeune, pas assez mature et du coup je luttais contre quelque chose alors que ça ne servait à rien de lutter, ça créer un malaise en moi sans que je m’en rende compte. ».

Aurore, un esprit libre

Après avoir tenté plusieurs licences différentes à l’université, Aurore a prit le choix de ne pas poursuivre ses études. En 2018, elle a commencé chez un artisan glacier réputé sur la Côte Basque. Ayant pour objectif de passer davantage en production que dans la vente. Elle aimerait signer un CDI pour développer davantage l’enseigne. Concernant ses histoires d’amour, la jeune femme de 25 ans a eu deux relations avant de rencontrer Estelle, une avec un garçon et une avec une fille. Elle a profité de sa jeunesse avant d’être dans une relation sérieuse. 

Libre d’esprit, Aurore ne s’est jamais vraiment limitée dans ses attirances. Elle ne se posait pas l’étiquette soit d’hétérosexuelle soit de lesbienne, même dans l’adolescence. « Je suis plus laisser porter par ce que je vivais sur le moment. »

L’annonce de son coming-out s’est fait simplement, elle a présenté sa copine du moment à ses parents qui ont tout de suite accepté. Il n’y a eu aucun problème du côté de sa famille par rapport à ça. 

Leur avenir en tant que couple lesbien

Dans l’idée de se paxer dans un premier temps, les deux femmes veulent se marier. Notamment une fois que les études d’Estelle, ainsi que la crise sanitaire, seront finies. Elles ont le désir d’avoir des enfants. Leur solution étant la PMA (Procréation médicalement assistée), c’est Estelle qui portera l’enfant. Leurs avis divergent sur le nombre, Aurore voulant des jumeaux et Estelle souhaitant avoir deux enfants plus un adopté. L’adoption, en plus de la PMA, est également dans leur projet.

Le message qu’elle aimeraient passer est qu’ « il ne faut pas avoir peur, on est jamais vraiment tout seul même si on en a l’impression ». En effet elles expliquent qu’il y a plein d’associations, de personnes prêtes à aider et soutenir. Dans cette communauté il sera toujours possible de trouver de l’entraide. « On est tous passé par là, qu’on ait eu des réactions positives ou négatives, on a tous eu ce truc de sortir du placard ». Elles espèrent que dans le futur, il n’y est plus à faire un coming-out, que ça devienne normal. 

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