Le 2 juin c’est l’étape du déconfinement qui inclut l’ouverture des terrasses de cafés et des premiers petits musées. Ouf, on atteint la sortie. Liberté j’écris ton nom. Mais ce n’est pas assez pour celles et ceux qui ont toujours tout consommé à plein régime. Il en faut plus. Donc caprice de petite fille : je préfère encore attendre que de ne pas avoir tout Paris.

 

C’est une date qui a failli être aussi mémorable que celle du 11 septembre, celle du 11 mai 2020, lorsque nous aurions dû sortir du confinement. Sortie ratée. À part aller au boulot ou chez Zara dans des conditions dignes d’une invasion extraterrestres dans les années 60, nous devions toujours être chez nous.

Ce 2 juin est un nouveau jour dans la chaîne de l’espoir de liberté qui nous anime toutes : les terrasses vont ouvrir, en plus des petits musées qui complètent les galeries.

Alors nous nous ruons toutes sur ces chaises rares et espacées à admirer la météo, avec le soleil si fidèle pendant le confinement, et annonçant des pluies à partir de mercredi (c’est un signe !) À l’heure où j’écris ce post, j’imagine les files de Parisiens faisant la queue, distanciés d’un mètre sur le rebord du trottoir, et gênant la circulation urbaine de voitures et bus en continuelle augmentation, armée de leur smartphone pour la contenance, dans l’absurdité de patienter pour s’asseoir et ne rien faire : c’est le ridicule des bobos qui décidément ne tue pas… Et enfin tout ça pour dire qu’ils ont consommé une bière à la terrasse lors du déconfinement.

Mais je veux être libre

… vraiment libre, réellement libre, totalement libre, absolument libre.

Je ne veux pas de petits espaces d’air urbain en voie de pollution, pour dire que je fais quelque chose seulement, pour seulement aider la pénible survie de nos pauvres artisans de bouche. Je veux la grande liberté, celle qui a le prix du sacrifice, celle de l’insouciance de l’état de vie qui joui du bonheur ou de l’ennui, mais qui ne se retient jamais.

Alors je vais continuer à m’user à attendre, attendre que le confinement ne soit plus qu’un souvenir et le covid une simple grippe. En attendant je regarde l’économie avide de réouverture, faisant tous les efforts pour survivre, jusqu’à refaire les erreurs passées, comme s’il ne s’était rien passé.

Je veux moins de pot d’échappement, plus de commerce de proximité, plus de produits locaux, que du frais et saisonnier, des carottes moches et des pommes touchées par des insectes, pas de taxe, moins de souci, moins d’espoir et plus de bonheur tout de suite. Je veux continuer les vacances du confinement mais dehors avec absolument tout le monde qui veut comme moi vivre. Je veux tout pour mon bien-être, celui de l’humanité et celui de la planète.

Je veux Paris rêvé, en mieux, si possible.

Mais je suis aussi assaillie par un loyer, des charges, un crédit Conso et des cadeaux à me faire. Et j’aime la futilité. Et je m’endors en lisant trop longtemps. Et je suis au chômage partiel. Et j’aime les relations humaines. Et demain je serai plus aigrie, plus vieille, je dois vivre dès aujourd’hui, même un petit bout seulement !

Alors voici ce que j’ai repéré :

LA GARE
19 chaussée de la Muette, Paris 16e

FROUFROU
10 place Edouard VII, Paris 9e

LA FONTAINE GAILLON
1 rue de la Michodière, Paris 2e

Mabrouk
64 Rue Réaumur, Paris 3e

La Pagode de Cos – La Réserve Paris
42 avenue Gabriel -75008 Paris – France

Le Perchoir Ménilmontant 
14 rue Crespin du Gast, Paris 11e

Le Pavillon Puebla
Parc des Buttes Chaumont, Paris 19e

La squadra Big Mamma

Ober Mamma
107 Boulevard Richard-Lenoir, Paris 11e

East Mamma
133 Rue du Faubourg Saint-Antoine, Paris 11e

Mamma Primi
71 Rue des Dames, Paris 17e

Pizzeria Popolare
111 Rue Réaumur, Paris 2e

Les bistrots pas parisiens

SPLASH
Port Van Gogh – 92600 Asnières-sur-Seine

SAPRISTI
20, boulevard du Marechal Foch – 92500 Rueil-Malmaison

SAPERLIPOPETTE
24, rue Mars et Roty – 92800 Puteaux

Benedicte

Philosophe excentrique, Bénédicte vous cause de lifestyle, de tendances, de gastronomie, d'art et un peu sexo aussi. Et si vous cherchez un peu, vous trouverez un peu de philo, un peu partout.

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