Précédemment je vous annonçais ma radicalisation suite à une soirée en souffrance. Me voilà donc parti là où je ne m’attendais pas ; me voilà amoureuse des femmes.

Nous sommes nées sur l’île de Lesbos. Dernière phrase entendue avant de sentir les plus reelles caresses reçues en état d’ébriété, cette sentence m’apparaît comme la vérité. Nous sommes faites pour nous entendre entre femmes ; tout est tellement facile, clair, propre. Si Lucy cherchait un homme pour être protégée et parfaire l’élevage de sa progéniture, à l’âge du compte en banque individuel et de la pilule, je peux vivre sans les keums. Nous avons pris la mauvaise habitude d’aimer leur sueur et nous nous sommes condamnées à attendre leurs chaussettes sales et retournées. Mais c’est tellement plus naturel de tomber amoureuse d’une fille.

C’était lors d’une soirée Tinder sans surprise, me voilà qui joue avec les petits boutons de configuration, zippant d’homme à femme. En quelques minutes des nouvelles rencontres apparaissent. Une fois éclaircies les absurdes et les cradoques, il reste les « en fait pas mal » et les « je lui plais, hummm ». Quelques chats plus tard commencent les rencontres. Alors que les garçons sont toujours dans le jugement, elles sont dans la découverte ; alors que les garçons sont toujours dans l’exposé, elles sont dans l’interrogation ; alors que les garçons pensent faire de l’humour, elles sont touchantes. Et au lit, elles ne cherchent pas à épater ou battre des records. Certaines se servent, d’autres font ce qu’elles veulent recevoir, d’autres cherchent en riant, et d’autres donnent tellement. Et c’est si beau le corps d’une fille, ça sent bon, c’est plein de surprises, de variations, de thèmes, de mouvements, de couleurs.

Et puis il y a V. Très bon milieu social, dans la finance. Suite au Brexit son poste a évolué à l’international, et il semble qu’elle a été mariée. Objectivement je n’en sais rien de plus, alors que je saurais toute la vie d’un mec au bout d’une semaine.

Elle est agréable et souriante, toujours chic, un peu style Carole Bouquet. Évidemment, elle est belle et elle me prête ses vêtements. Nous vivons ensemble, j’habite chez elle, 130 m2 dans le 8e. Elle trouve ça petit, pour m’épater, pour jouer sa garçonne. Je pense qu’elle aime mes fessées.

Les moments ensemble se déroulent sur des discussions tout ce qu’il y a de plus ordinaire pour des colocs. Elle sait ce que sont les menstruations, la fatigue morale et le fer à lisser. On se sent bien, on n’a plus de contrainte de format, on se comprend. Quelques expos ensemble, juste assez pour faire Parisiennes. Le reste, on peut vivre sans se parler, juste comme ça, et on est bien. Elle fume. Elle ne parle pas de mec. Elle est parfois violente, et je le suis aussi.

Aujourd’hui c’est clair que je suis goudou, installée et limite entretenue. À force de vivre heureuses ainsi, nous allons nous aimer, mais peut-être que nous nous marierons avant, pour vérifier.

Par Bénédicte

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  • […] des plus vieux, elle suit un régime strict avec légèreté, bientôt elle essaiera à plusieurs, et des filles, et pis […]