Au lieu d’un attendu dîner, il m’invite à un déjeuner, précisément à l’AOC. Quoi de mieux qu’un restaurant de viandes pour connaître les attributs et les vices d’un homme. Pleine gloire à lui, je suis omnivore et parisienne.

C’est l’avantage des hommes mariés, ils ne font naturellement pas comme tout le monde. Il m’invite donc un midi, sans doute pour ne pas déserter son épouse le soir. Il me donne rdv à Jussieux, comme s’il était prof, comme si j’étais encore étudiante. Il m’accueillait avec sourire et belles manières. Je souriais, et gentiment, après avoir poliment échangé quelques mots, il me mena à l’AOC.

Il a choisi un resto qu’il avait longtemps pratiqué, mais cela faisait longtemps qu’il n’y était pas venu. Le propriétaire avait changé, et mon cavalier perdait quelque peu ses repères en y venant pour la première fois un samedi. En semaine, l’ambiance était plus aux habitués. En saison il y avait des repas de chasseurs. Pas toujours, peut-être plus maintenant, mais les viandes restaient de bonne qualité et leur préparation respectueuse des goûts. La décoration avait été rafraîchie, mais elle cherchait bien à garder son caractère.

Je pris un pied de cochon grillé (#Fernandel) qui était servi désossé. Facile à manger, je restais les mains propres et je terminais bien avant que mon compagnon n’eût raison de sa pièce de bœuf. Le vin choisi était un Saint-Chinian. Assez original, équilibré, bien adapté à la cuisine. La cave était belle, les plats biens servis, le serveur gentil et un peu flatteur. Les rideaux aux fenêtres me faisaient penser à des films français des années 80. Ici, l’ambiance rencontre une image parisienne avec un goût plus calme. Au-dessus des pupitres, le repas se fait accompagnateur de toute discussion, jusqu’à terminer par une vieille prune.

En sortant il sera bon de faire la promenade le long du quai, pour terminer le plaisir de la digestion et celui de la discussion. Continuer d’apprendre à se connaître au juste rythme d’un bon repas. Nous formions des petits plans autour de ce que nous pouvions maintenant vivre de mieux ensemble, pour voir, pour goûter, pour le plaisir.

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