La période de Noël est souvent le moment de l’année des exagérations. Je vais vous raconter tout ce dont vous avez besoin pour exagérer avec modération avec le saké. Le plus important c’est de savoir boire.

C’est la période des fêtes, on se raconte des histoires, on fait toute une montagne de petits bobos du quotidien, parce que le plus important c’est de montrer qu’on est bon en se confiant. Vous n’échapperez pas à cet état d’esprit mi-catho-mi-karma : je vous raconte ma vie et, désolée, en ce moment elle n’a pas d’intérêt.

Donc en période de fêtes, alors que tout est illuminé et que nous pataugeons dans les flaques de pluies marron, espérant le vrai froid sec de février plutôt que ce froid humide qui vous moisit la moelle, dans cette belle période de fêtes donc, on se doit de ne pas être seule, pour ne pas déprimer. C’est en tout cas ce que nous racontent les séries quand elles suivent les saisons. Mais je suis seule. Et avant de me mettre à réfléchir sur mon âge et l’agenda de mon mariage, je m’occupe à me faire plaisirs. Enfin, tout irait comme si de rien était si je n’avais pas à raconter à ma mère que je suis avec quelqu’un, un homme de préférence, et de situation respectable. Pas facile.

Alors, pour avoir aventure à raconter, je recontacte cet amical et sympathique ami japonais, qui apprenait la cuisine en France (main sur le cœur) et revient pendant les fêtes pour quelques extras au beurre (le pétrole français – main sur le cœur). Heureux de me voir arrivée à son rendez-vous, il décida de me faire découvrir le saké. Toute cette introduction pour que vous reteniez :

  1. Le saké n’est pas l’alcool chinois aromatisé au litchi ou à la rose, servi dans des verres avec des femmes nues au fond. Ça, c’est chinois : rien à voir.
  2. Il y a une culture du saké au Japon comme celle du vin en France (main sur le cœur). Le saké se boit comme du vin, à table, en cours de repas, en accord avec les mets.
  3. Le saké est une fermentation de riz. Plus le riz a été poncé plus le saké aura un goût pur ; et moins poncé, le saké aura les arômes du type de riz et de sa provenance.
  4. Observez sur l’étiquette le niveau de ponçage pour savoir ce que vous buvez : la mention « 30 % » indique 30 % de perte de ponçage, et c’est plus aromatique ; « 85 % » est évidemment plus sec
  5. Le prix est plus élevé selon le niveau de ponçage, car plus de pertes de riz. Mais vous pouvez préférer lorsque le saké est plus aromatique. Ainsi, vous pouvez préférer un saké moins cher sans passer pour un prolo.
  6. Il y a encore trop peu de boutiques proposant un vrai choix de saké. Mais j’en ai trouvé. Voir quelques adresses glanées ici, ici, et .

Maintenant vous en savez assez pour choisir vos sakés, pour en prendre à 30 %, 50 % et 85 % par exemple.

  • Parce que le Japon est une petite île ayant suffisamment de problème de recyclage des déchets, le mou du riz fermenté est réutilisé pour différents condiments, et d’ailleurs plein de choses sont réutilisées. C’est ainsi que l’on donne ce goût unique aux soupes miso (même dans les restos japonais tenus par des chinois). C’est ainsi qu’on fait beaucoup de whisky single malt, sans indiquer que c’est du single malt de riz.

Revenons à mon date. Après une telle dégustation, me voilà mise à la diète. Mon ventre n’acceptait plus rien, comme si le riz continuait d’y fermenter. Puis le cerveau n’était pas content que mon ventre soit mécontent, alors toute idée de n’importe quoi me donnait la nausée (mon côté sartrienne). Trop de mélanges en une seule fois me firent comprendre pourquoi les Japonais étaient toujours représentés ou sérieux et imperturbables (avant de commencer à boire), ou torchés et joyeux à l’amnésie (après donc). Moi, je m’endormis sur le matelas futon de mon sympathique, quand lui dormait déjà bruyamment.

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