Cette semaine, à l’occasion de la sortie du film « Souffler plus fort que la mer », j’ai eu la chance de rencontrer Olivia Ross qui interprète le rôle principal de Julie. Elle a accepté de nous en dire un peu plus sur son personnage dans une interview exclusive pour Ô Magazine. 

Comment vous êtes-vous retrouvée à incarner le personnage de Julie ? 

J’ai rencontré Marine Place par le biais d’une directrice de casting, de manière très traditionnelle en soit. Mais ce qui a été relativement inhabituel, c’est que je n’ai pas fait d’essai. En fait, nous nous sommes simplement vues, puis plus. Marine Place et la productrice avaient vu mon travail et m’ont fait confiance, et c’est très agréable parce qu’on se sent capable de tout faire dans ces cas-là.

Quels points communs avez-vous avec Julie, votre personnage ? 

Contrairement au personnage, je ne suis pas musicienne. J’ai dû apprendre à jouer du saxophone en moins de trois mois pour les besoins du film. En ce qui concerne la personnalité, je trouve que c’est toujours difficile de parler de points communs avec un personnage. Parce que finalement le personnage n’existe que tel qu’on l’a interprété, donc il a forcément des similitudes avec nous. Cela étant dit, je pense que je suis sans doute plus sociable que Julie. Elle ne s’exprime pas vraiment de manière verbale. Ce qui est aussi une question d’environnement : elle habite dans un endroit où la sociabilité est tout de même limitée !

Est-ce que vous avez dû vous imprégner du milieu de la pêche ou vous était-il déjà familier ?  

J’ai toujours eu un certain rapport à la Bretagne puisque j’y allais chaque été en vacances, du côté de Saint-Malo. En revanche je ne connaissais pas du tout la pêche en tant que métier et cela m’intéressait beaucoup. C’est vraiment un aspect du scénario qui m’a énormément plu.

L’équipe et moi-même sommes arrivées en avance sur le lieu du tournage pour travailler avec le pêcheur qui nous a prêté son bateau. Il nous a appris les gestes de la pêche et du maniement du bateau avec énormément de pédagogie.

La musique est très présente dans le film, notamment à travers le saxophone, les chansons de Samir. Moi, je l’interprète comme étant une sorte d’arme dans l’histoire. Vous partagez cette interprétation ?

Il y a beaucoup de cela, effectivement. Quand Julie joue du saxophone, elle ne se dit pas que c’est la clé du bonheur, c’est une nécessité dans un contexte difficile. C’est la seule façon de contrer cette mer qui prend le dessus. Et puis, je pense que, quand on abandonne un métier qui a toujours été primordial dans sa famille, il y a une vraie perte d’identité qui en résulte. Donc oui, la musique est clairement une manière de résister.

En tant que spectateur, on est frappé par le destin de votre mère, quel regard portez-vous sur sa relation avec Julie ?

C’est la relation la moins claire et la plus simple en même temps. Il y a très peu de moments d’intimité entre elles deux dans un premier temps, puis il y a une scène, très forte en émotion, où l’on s’aperçoit de la profondeur de leur relation. Le père ne sait pas comment gérer son propre deuil, la grand-mère perd pied avec la réalité, et la mère est finalement la plus attentive au destin de sa fille.

Quelle scène vous a le plus marquée ? 

C’est assez compliqué à dire, parce qu’on tourne tous les jours, je pourrais dire qu’elles m’ont toutes marquée ! La scène dans le bar était vraiment géniale. Celle où le bateau s’en va sous les chants du pêcheur, est très forte en émotion également. Et puis la scène où je joue du saxophone en plongée, était d’une intensité incroyable. Même si je ne suis pas très à l’aise dans l’eau, ça reste un souvenir mémorable et heureux.

La culture bretonne est très présente à travers les musiques, les décors du film, est-ce qu’elle vous a imprégnée ? 

L’expérience d’un tournage est très marquante, d’une manière générale. Celui-ci en particulier m’a beaucoup imprégné puisqu’il s’agissait d’une très petite équipe, sur une petite île, avec ses habitants, cela ne peut que laisser un souvenir très intense.

On ne va pas spoiler la fin du film, mais il est clair que beaucoup de possibilités s’offrent à votre personnage. Est-ce que vous avez envie d’une suite pour Julie ? 

La fin donne une vraie sensation de début ! En fait, c’est l’histoire d’un désir en formation et à la fin on se pose la question : comment va-t-il se réaliser ? A voir… mais je trouve ça assez joli finalement, parce qu’en tant que spectateur, on a énormément d’espoir, un peu de peur, parce qu’on sait que ce ne sera pas facile pour elle, mais qu’elle doit se lancer, se jeter à l’eau justement !

C’est un véritable coup de coeur que j’ai eu pour le film poétique « Souffler plus que la mer ». Ô Magazine vous encourage vivement à aller le voir cette semaine, et à vous laisser emporter par l’étonnante réalisation de Marine Place. Pour plus d’infos sur le film et les séances près de chez vous, rendez vous sur : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=251272.html

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