Dernier point de démonstration et de réflexion à propos de l’excentricité. Nous avons utilisé l’excentrique comme un marteau, nous avons frappé, frappé, et encore frappé (j’aime Cloclo). Et voilà ce qui sonne.

Nous en sommes arrivés à cette lourde conséquence (vous avez eu une semaine pour lire, analyser, comprendre et commenter) : L’excentrique crée son opposé, le despote. Ce dernier crée la bonne conscience d’un despotisme se voulant sociable, se disant sociable et se justifiant sociable par des règles. Il exclut l’excentrique en le jugeant et le condamnant pour asociabilité, même si ce n’est en fait qu’un non-effort pour être comme tous, un acte indirect d’être soit.

Parce qu’on aime bien réconcilier tout le monde, nous pouvons écrire que l’excentrique et l’uniforme désirent tous les deux exister. Jusque-là, quelques minutes de réflexion sans Mojito doivent permettre de discerner la quasi universelle évidence de ma proposition.

Alors que l’uniforme cherche son existence dans une socialisation des apparences, l’excentrique reste focalisé sur l’apparence de sa personne. Alors que l’uniforme considère que l’apparence est du ressort de la sociabilité et que le moi peut rester préservé, l’excentrique considère plutôt que l’apparence est soi et que le sociale est la rencontre construite des différentes apparences. Le fait qu’il y ait de l’excentricité révèle d’abord que le moi déconnecté de l’apparaître n’existe pas, et ensuite que l’apparaître cherche à exprimer un moi. Pour faire cohabiter ces deux revendications, nous faisons l’hypothèse (un peu provocante) que le moi, l’individu n’existe pas en soi. L’un existe par sa recherche de l’apparence, l’autre existe par sa volonté d’établir une société uniforme.

La présence de l’excentrique, élément perturbateur, révèle que la communauté sociale est structurée et maintenue volontairement en cohésion par les efforts des uniformes, non pas par une nécessité interne. La société parfaite devient une idole. L’individu uniforme cohérent avec la société bien pensée n’existe pas. L’excentrique est le marteau qui révèle les pieds de terre du colosse d’argent. Il révèle la contradiction qu’il y a entre une société composée d’individus qui, pour exister, veut contraindre ceux-ci à être comme tous. Il révèle l’absurdité l’une homogénéité sociale cohérente et rentable, alors que de l’individualité devrait émerger l’excentricité plutôt que la sociabilité.

Le processus de normalisation renforce l’homogénéité de la société contre l’originalité des individus constituant, parce que la norme permet de discipliner, de rationaliser, d’intégrer par l’uniformité. Or, appuyé sur la recherche d’existence de chacun, ce processus fait naître des excentriques, comme des accidents réguliers. Ces derniers sont les troubles à l’ordre public. Ils révèlent la recherche réelle cachée derrière chaque individu : exister en tant qu’individu.

À conclure…

Par Bénédicte

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