L’évolution des structures familiales donne une importance accrue à la réussite de la vie de couple. Par ailleurs, cette vie de couple est elle-même plus instable, compte tenu de la libération des mœurs et des possibilités de refaire sa vie à un âge plus avancé.  

Le couple, pour durer, doit être en mouvement afin de s’adapter continuellement aux circonstances nouvelles. La vie du couple se place dans une dynamique où les crises sont nombreuses, lorsque celles-ci ne trouvent pas leurs résolutions dans un délai raisonnable ou bien que la solution trouvée laisse l’un des deux dans un manque ou dans une souffrance psychique. En grande instabilité, le couple est alors directement confronté à la rupture redoutée plus ou moins directement. Pour certains, cette épreuve est dramatique ; les statistiques sont là pour nous rappeler la fréquence des suicides après ruptures amoureuses.

L’intervention d’un psychothérapeute est alors nécessaire. Cette intervention peut s’effectuer de plusieurs façons ; le choix se pose souvent entre une psychothérapie individuelle de l’un des membres du couple focalisée sur les dysfonctionnement de sa vie amoureuse ou bien une véritable psychothérapie de couple (le premier entretien doit aider à faire ce choix et envisager éventuellement une thérapie de couple, celle-ci possédant certaines spécificités).

Contrairement aux thérapies individuelles où le travail interprétatif vise les processus psychiques d’une personne, dans les psychothérapies de couple l’activité interprétative concerne un autre domaine complexe, celui où s’articule la dynamique du couple.

Le système de communication sera essentiellement concerné puisque la thérapie de couple impose le face à face. En plus de la parole, le thérapeute utilisera souvent le regard et son attitude comme mode d’intervention. Il incitera le participant hésitant à parler car le travail d’élaboration se limite très vite si la parole est confisquée ou réservée à l’un des membres. Le thérapeute doit écouter celui qui parle en même temps qu’il observe et enregistre les messages non verbaux de l’autre (haussement d’épaules, attitude d’agacement…). Le thérapeute doit repérer les particularités habituelles de cette communication (discordance entre le contenu verbal et le ton – obséquosité, condescendance, critique, sarcasme). Il doit par conséquence conserver une neutralité complète et ne doit pas faire alliance ou marquer une préférence avec l’un des deux membres du couple. Il doit également assurer à chacun des deux partenaires la possibilité de s’expliquer et de se déculpabiliser face aux accusations de l’autre partenaire. Il est nécessaire d’assurer un soutien narcissique à chacun afin d’éviter les risques de dépréciation de soi.

Le thérapeute est ainsi amené à reprendre souvent les affirmations du couple, exprimant ainsi ce que chacun ressent et vit face à son partenaire, de manière à ce que l’un et l’autre prennent conscience de l’impact de ses paroles et de ses comportements. La reformulation modulée et positive du thérapeute permet alors tous les aménagements nécessaires à la bonne dynamique du couple.

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