Ah si j’étais riche ! Je vivrais dans le luxe.

Je ne ferai plus de lèche-vitrines pour perdre des kilos, mais bien pour acheter tout ce qui me plaît. Choisir une paire de chaussures accordée avec une robe que je ne porterai que ce soir, si j’accepte l’mpnvitation ; sinon tant pis, j’oublierai tous ces achats pour me souvenir que j’ai joui de choses jugées belles et bonnes. Robe, sac ou bijou, je te vois, je te regarde, tu m’intéresses, je t’approche, t’essaie, te prend, je jouis de toi, je te repose et je t’oublie. T’oublier fait partie du processus de plaisir luxueux, ne me demande pas ton reste ; pas même un adieu.

Mais comment devenir riche ? Maman et Papa ne sont pas riches. Mon nom de famille, celui d’un métier, me désigne comme enfant de prolo depuis tellement longtemps qu’on ne compte plus en termes de génération. Pas de honte, mais pas de luxe familial.

Sinon, comment devenir riche ? Les études, l’ascenseur social, le travail, l’acharnement, l’ambition, j’ai essayé. J’ai calculé que je serai peut-être riche vieille, quand je serai tellement philosophe que je ne rouspéterai même plus après le chat quand il fait exprès de m’énerver. De toute façon, si je m’enrichis honnêtement, je paierai trop d’impôt, et si je m’enrichis malhonnêtement, je ne pourrai pas profiter avec quiétude.

Ou alors, comment devenir riche ? Il y a la vieille méthode du mariage de raison. Est-ce que je me vois mariée avec un vieux et confortable notable riche. Oh oui, je me vois bien faire ma blonde capricieuse pour qu’il m’offre un nouveau truc de luxe : robe, collier, voyage, hôtel particulier. Mais est-ce que je me vois le laisser m’arranger s’il sent la naphtaline ? Je peux m’imaginer faire la Vénus à la Fourrure, mais s’il se prend pour le divin Marquis ? Je me vois bien lui demander des sex-toys pour agrémenter nos ébats entre deux migraines, mais acceptera-t-il un modèle d’1m90, aux yeux verts, musclé, sportif et vivant ? Et si, grâce à toutes mes années de club théâtre au Lycée, je parviens à ce haut niveau de comédie, je devrais encore attendre qu’il casse sa pipe, dans un pays où la médecine sait entretenir en presque vie si longtemps que les infirmières stagiaires sont à la retraite avant la moindre dégradation visible. Une fois de plus, je risque de connaître le luxe, lorsqu’à mon tour il sera l’heure de me prendre un gigolo.

Donc je ne sais pas comment devenir riche. Si toi, amie lectrice, tu as une suggestion, un plan, ou un autre truc ayant quelques petites chances de marcher, écris-moi à benedicte@omagazine.fr.

Par Bénédicte

Recommended Posts