Alternative rassurante à la chirurgie, la cryothérapie sépare mon corps avant, lorsqu’il est dépendant de mes abus de jeunesse gourmande, de l’après, lorsqu’il s’affichera à la hauteur de ma volonté.

Pendant des siècles l’enrobage était un facteur de beauté. Depuis peu c’est au contraire la finesse, la minceur. C’est parce qu’il était très difficile d’être grasse ; c’est parce qu’il est très contraignant d’être mince. La minceur indique la santé maîtrisée, connue, voulue, le corps réfléchi. Dans ce siècle de l’intelligence artificielle, notre corps doit révéler une intelligence de la matière. Alors on fait du cardio, du renforcement et du stretching. On achète des tennis scientifiques, on porte des leggings technologiques, on développe une nouvelle façon d’être belle : avoir une sueur sportive.

Depuis que j’ai acquis mon émancipation complète par la fin de mes études et le début de mon salariat, par mon loyer à mon nom et ma taxe d’habitation qui va avec, je travaille mon corps. Régulièrement je le regarde, je le scrute, je le pèse et je le mesure. Comme une bête de foire ou comme un modèle à la Fashion Week. J’ai appris à galber mes cuisses et à dessiner ma ceinture, je sais marcher sur tes talons de toutes les tailles, je peux courir et rattraper mon bus sans m’essouffler, je me passe le savon dans le dos sans couiner. Je suis en forme, je travaille ma beauté. Enfin je me tiens droite et je mange sans perdre mon rouge. À propos de manger, je ne dépasse pas 1 400 kcal quotidiens, je contrôle mon alcool encore plus que mon tabac, je connais tellement d’épices qui développent les goûts de mes plats sans sucre ni gras, que mon épicier indien doit espérer que je me marie avec son fils. Malgré cela, il me reste deux poches dures en forme de culotte d’un équidé.

De la graisse ou de la cellulite se sont installés en bas de mes hanches il y a longtemps, se cristallisant avec force et pugnacité, agrippés à moi comme des tiques, refusant massages, crèmes chauffantes, caféine et encore divers rouleaux à picots. Je refuse d’y remédier par chirurgie esthétique, parce que je refuse la mécanisation de mon corps et parce que j’ai peur des méthodes invasives. Alors, profitant d’une prime de vacances mise de côté (car versée trop tard, merci la RH), je vais passer à la cryothérapie.

La cryothérapie, avant et après. Les photos du site me montrent avant et après. Cela ne transforme pas une vache en top-modèle, mais cela rend les vêtements bien mieux portables : je pourrai prendre la même taille en bas qu’en haut !

Le froid à -10° désolidarisera les cellules graisseuses, les dérangeant dans leur squat décennal, les laissant libres de combustion pour en faire du glycogène actif lors de mes prochaines séances de cardio-fit. Et puis ça partira, et puis mes efforts seront récompensés. Et puis mon boule attirera quelques convoitises, tout en devenant moins accessible aux frott’men. Une ligne courbe, sans bosse.

La cryothérapie avant : vos fesses affichent des traces de votre passé de folle inconsciente qui se régalait de pizza. La cryothérapie après : votre corps répond à vos exigences actuelles, aidant vos efforts à corriger des zones disharmonieuses.

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