À l’occasion de la sorti de leur nouvel album intitulé Shadows, Ômagazine est parti à la rencontre de Benjamin et Nili de Lilly Wood & The Prick pour tenter d’en savoir un petit peu plus…

  • Parlez moi de « Shadows », pourquoi ce nom ?

Nili : C’est un album qu’on a enregistré en grande partie au Mali à Bamako. On est parti on avait rien écrit, on est parti que tout les deux avec un ingé son. On y est resté 1 mois entier après y avoir passé une semaine de repérage. Ça a été fait dans des conditions qui n’étaient pas toujours facile, ça a été dur matériellement et humainement. C’est un pays où les gens souffrent beaucoup de la pauvreté. On n’a pas le confort dont on peut avoir l’habitude dans des studios parisiens. Il a été entrecoupé d’une tournée dans le monde entier parce qu’il y a un remix qui a très bien marché du coup ça nous a permis de digérer un peu tout ce qu’on avait fait en Afrique et après on l’a fini en France, à la campagne tranquillement. Il a été produit par un producteur anglais de renom.

Benjamin : Shadows parce-que c’est le premier titre qu’on a écrit et produit avec Dave et qui a un peu donné la tendance, en tout cas le style de l’album et c’est le premier titre où on a dit ok c’est cool on va faire comme ça et on va bosser avec Dave.

  • Comment avez-vous vécu cette expérience, que vous a t elle apporté ? Pourquoi ce pays ?

 Nili : Nous aimons beaucoup la musique africaine, notamment la musique malienne sans pour autant être des experts. On est parti sur un coup de tête sans trop réfléchir, c’est un peu notre mode de fonctionnement. Ça s’entends par touches sur l’album mais il y a quand même un morceau où tout le refrain est en bambara. On n’avait pas envie de tomber dans un cliché ou de rentrer avec un album de worldmusic, on avait juste envie de s’imprégner d’un endroit pour injecter tout ce qu’on avait vécu là bas dans l’album et ça je pense que c’est une réussite.

Benjamin : On voulait se mettre en danger face à nous même, nous deux se retrouver et ne pas être dans le même mécanisme que sur les deux précédents albums, c’est à dire être à Paris, dans notre confort… On avait envie aussi d’intégrer de nouvelles couleurs dans cette musique là, grâce au pays africains, dont le Mali. On fonctionne un peu en coup de tête, Mili a eu cette idée là, on rentrait de tournée et a dit « putain ça serait quand même cool de faire ça ». Ça n’a pas été évident au départ mais voilà on a réussi à y aller, on ne savait pas trop à quoi s’attendre.

  • Est ce que la musique africaine vous a inspiré ?

Benjamin : C’était par touches, par couleurs, par sonorités. On va surtout valoriser les rythmiques avec des percussionnistes (3 types) et aussi avec des choristes dont certaines ont chanté en bambara et en anglais.

Nili : Il y a plein de bases de morceaux écrit à la guitare qui sont très inspiré de notre premier voyage durant lequel nous avions assisté à de nombreux concerts. Ben avait écrit beaucoup de lignes de guitare qui sont très inspirés de la musique traditionnelle malienne.

  • Que voulez-vous exprimer avec ce dernier album ?

Benjamin : Je pense que c’était d’assumer nos défauts et nos lacunes et de surtout pas les effacer et d’en faire une force. C’est ce qu’on a essayé de faire sur cet album là.

Nili : On a marqué le trait alors qu’on a plutôt pour habitude de le lisser dans nos autres albums. On a rarement pris beaucoup de risques musicalement, pas parce qu’on avait peur mais qu’on été trop occupé à dire ce qu’on était en train de dire et pas prêt et là c’est le troisième, on avait envie d’avoir le vertige et d’être complètement nous même quitte à se planter, de faire les choses de façon entière.

  • Comment procédez vous à la composition ? 

Nili : On n’a pas de méthode pré établie, après il y a des choses que Ben fait, la plupart du temps c’est lui qui compose une suite d’accords et après je m’occupe de la mélodie et du texte. On n’est pas psychorigide, on se laisse exister, on se laisse porter, on est à l’écoute de ce que l’autre propose, c’est un vrai travail à 4 mains.

  • Selon vous, en quoi vous vous distinguez des autres duos ?

Nili : Je ne suis pas sûre qu’il faille nous écouter nous plutôt qu’un autre, en tout cas ce qui est sûr c’est qu’on est très sincère. On essaye de faire notre petit bonhomme de chemin en restant nous même et si ça ça vaut quelque chose c’est peut-être pour ça qu’il faut nous écouter.

Benjamin : On est très spontané dans notre façon d’écrire.

  • Est ce important pour vous d’être dans un label de petite taille, plus intime que les majors ou voulez vous rejoindre un jour ce rang ?

Nili :  On est en licence chez Cinq7, chez nous on est 4. C’était très adapté à notre format et on avait beaucoup de chance jusqu’à maintenant, des gens s’occupaient de nous, on n’est pas noyé dans une machine mais après comme tout, ça a ses travers.

  • Vous avez fait plusieurs collaborations en matière de mode, comment retranscrivez vous cela dans votre musique ?

Nili : Simoen est un ami créateur, on a joué il y a 4 ans pour son premier défilé. Là on vient de faire une paire de chaussures en cuir pour Robert Clergeri qui est en boutique. On aime bien tout ce qui est visuel, la mode… C’est chouette de pouvoir faire ce type de collaboration. La mode c’est aussi un art et c’est une façon de raconter une histoire. Par exemple, sur nos photos de presse, on a superposé plein de trucs ce qui a donné mon look sur scène ou je superpose plein de choses. On aime bien mélanger les imprimés dû à notre voyage à Bamako. On essaie de retranscrire tout ce qu’on vit dans nos visuels à nous. Ça peut passer par comment on s’habille ou par la pochette de l’album, c’est hyper vaste.

  • Avec qui réalisez vous vos clips et d’où est ce que les idées proviennent ?

Benjamin : Nous on a toujours travailler avec des réalisateurs. Au début on aimait laisser carte blanche, on fait toujours ça mais on essaye de marcher aux coups de cœur aussi avec les gens avec qui on travaille. Si on veut proposer des choses on le fait évidemment.

Nili : On a tout les deux réalisé un clip aussi, Benjamin le clip de « Shadows » et pour ma part celui de « Let’s to pretend ».

  • Vous avez travaillé pour plusieurs publicités comme Guerlain avec « This is a love song » ou encore Carrefour et Virgin radio, comment avez-vous vécu cela et comment voyez vous la musique dans la publicité ?

Benjamin : C’est une chance de collaborer avec eux mais c’est un peu bizarre car c’est une sorte de compétition.

Nili : On fait attention à l’image, on a dit oui à Cartier et Guerlain car ce sont de grandes maisons.

  • Vous avez composé la bande son du film « Ouf », comment avez-vous vécu cette expérience ?

Nili : Entre autres. On a fait quelques musiques de film, on aime ça car ça enlève la pression de l’album, là tu travailles main dans la main pour le projet de quelqu’un donc c’est assez récréatif. C’est quelque chose qui nous passionne. Ça fait du bien de faire de la musique pour les autres et pas pour nous. Tu ne te poses pas de questions, tu fais ce qu’on te dit. C’est différent car quand on bosse pour nous on se prend plus la tête.

Benjamin : On se dit « la responsabilité n’est pas sur nous ».

  • Vos chansons du moment ?

Nili : Sharpness de Jamie Woon !

  • Plutôt live ou studios ? 

Benjamin : C’est l’un et l’autre. Là c’est beaucoup le live mais quand t’en a fait beaucoup c’est le studio… Le live est difficile, le studio aussi.

Nili : En live, tu as de l’amour !

Merci à Benjamin et Nili pour cette interview.

Retrouvez-les le 31 mars au Zénith de Paris ou plus prochainement le 3 février à Lille.

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