Suite à son dernier album nommé « Céleste », nous sommes partis à la rencontre d’Hippocampe Fou car après les fonds marins, c’est dans les étoiles qu’il nous emmène !

  • Qu’est-ce qui t’as donné envie de faire du rap ?

Je ne connaissais pas le rap avant mes études de cinéma. J’écoutais plutôt les Guns and Roses, du rock quoi.  C’est Prodigy qui m’a amené au rap. Avant j’étais plutôt ciné et j’ai trouvé qu’il y avait la possibilité de raconter des histoires dans le rap. Mc Solaar, Iam, j’ai plongé dedans parce que c’est comme la chanson française mais avec un coté dansant. J’aime raconter des histoires avec un coté agressif, ce qui est plus présent dans le rap que dans le reggae. Le rap est plus physique. C’est la découverte de l’art vivant où tu te retrouve face a un public, tu interprète.

  • Comment as-tu débuté ?

Principalement grâce à internet, aux  collaborations et au travail.  Mes débuts se sont fait en première partie de concert. J’ai aussi commencé par animer des scènes slam.  J’avais un compte Myspace pour mes amis et grâce à ça, on m’a contacté pour savoir si je voulais faire des soirées slam à Ménilmontant au Plexiglas. J’y ai rencontré deux autres mecs, avec qui on a formé « La secte phonétique » et on a tourné de 2007 à 2012. J’ai beaucoup apprit de cette expérience, j’étais puceau scéniquement parlant avant ça. J’ai ensuite développé mon univers solo depuis 2011.

  • Qu’est-ce qui t’inspire pour écrire tes textes ?

Ce que j’aime c’est créer des choses inédites. Prendre des personnages et mélanger les univers, faire faillir l’ordinaire de l’extraordinaire. La magie du quotidien. Je peux être inspiré de comptes pour enfants ou de films. Je m’inspire de décors, d’ambiance comme par exemple « Le Seigneur des anneaux ». Une fois dans l’ambiance, j’écris.  Ce qui m’inspire est ce qu’on vit, l’imaginaire, les collages… Le réel et l’imaginaire puis mélanger les deux est ce qui m’inspire.

  • Peux-tu t’inspirer d’autres formes d’art comme le graff ?

Je suis sensible à l’idée.  Il peut y avoir des morceaux que je trouve génial, comme « la banane » de Philippe Katrine qui est pauvre musicalement mais géniale car j’adore l’idée. Faire un beau morceau y’en a plein, mais ce qui compte pour moi, c’est le concept. L’écriture me pousse et me passionne avant tout. Si le texte ne me touche pas, je ne le réécoute pas. J’aime avoir le mot qui tue. En fait je suis plutôt du côté du plaisir de créateur plutôt que d’auditeur. Pour moi c’est le texte avant la musique. Moi c’est des mots pas des notes de musique, des jeux de mots ou des jeux de sonorité qui me pousse à écrire.

  • Concernant ta méthode d’écriture, tu écris sous la contrainte ou pour le plaisir  ?

J’aime bosser sur la contrainte, avec un thème auquel j’essaie de répondre. Je me suis même crée des contraintes seul. « Las estrias » issue du nouvel album est une suite d’idée qui passe dans la tête, comme un patchwork. On m’envoie une instru et je bosse dessus. J’ai parfois un thème mais pas la musique. La plupart du temps c’est des musique qui me plaisent et qui m’inspirent. J’aime avoir des flow différents quand je rap. J’aime travailler mon flow en fonction de l’instru, comme ça je n’ai pas l’impression de refaire le même morceau.

  • Comment procède tu a la composition d’un album ?

Pour moi l’album est une histoire. On prend un personnage, on le met dans un cinéma et chaque morceau est un film. C’est une suite de tableaux.

  • Tu as joué avec Chill bump, Jukebox champions ou encore C2C ; le rap français est finalement une grosse famille ?

On se rencontre à des concerts de hip-hop. On va dans les mêmes endroits, bellevilloise, maroquinerie, Trianon…  Sinon c’est souvent l’ami d’un ami d’un ami ect… Mais il n’y a pas de rivalité, chacun admire chez l’autre ce que lui n’a pas. Il y a toujours beaucoup de respect.

  • Comment défini-tu ton rap ?

L’idée de toucher à tout : cette envie de tester pleins de flows. Je m’ennuie a rapper de la même façon, donc forcément c’est difficile de nommer. Quand tu fouille dans ton imaginaire tu fais quelque chose qui te ressemble et ressemble a personne d’autre.

  • En quoi le deuxième album est différent du premier ?

Je voulais faire un album que les gens achètent par accident. Même si ils écoutent pas de rap, qu’ils se disent c’est cool. Y’a des chansons rapés mais on est pas complètement déroutés. L’idée est de détourner par le propos, avoir une forme attrayante, classique.

  • C’est toi qui a choisi d’ajouter le format vinyle ?

Certaines personnes m’ont réclamé cette version donc je l’ai fait pour le deuxième album. Je pense que les mélomanes utilisent ça et je veux qu’ils puissent me mettre entre deux bons vinyles. J’apprécie l’idée d’être chez quelqu’un qui écoute de la bonne musique.

  • Dour, Francofolies, quel est ton meilleur souvenir de scène ?

Mon premier concert en 2011, c’était les amis d’enfance, j’avais grave bossé et le dernier en date !

Écoutez son dernier album ici et retrouvez son rap aquatique le 7 octobre 2016 à la Cigale de Paris ou plus rapidement demain (4février) au festival Musikampus à Arras !

Un grand merci à Hippocampe Fou pour m’avoir permise d’entrer dans son univers !

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