Debout et voûtée au-dessus de la table haute. Eclairage artificiel et coudes plantés sur le plateau. Je bois mon café. Routine devenue rituelle, les fonctions les plus reptiliennes de mon organisme s’ordonnent autour du café.

Je bois mon café. C’est bien mon café, et pas celui de l’Enterprise (avec la voix de Captain Kirk de Star Trek). Le mien, il est meilleur. Je le paie un peu plus cher qu’au distributeur, parce que je le trouve meilleur, malgré les efforts du Pélican à apporter un café en grain moulu à la demande. Le mien, en capsules, il est plus serré, plus goûtu, plus complexe, plus décidé et il est servi dans ma tasse en porcelaine que je garde dans mon tiroir après l’avoir lavée, après avoir bu mon café, et ce, deux fois par jours.

Le café est le symbole de l’économie moderne ou tout le monde est cadre et bien cadré dans une tour de verre à la Défense. Le café un peu trop chaud se place entre moi et cette petite tour coffee machine. Ce symbole du travail est aujourd’hui devenu celui de la revendication raisonnable et adulte d’une appartenance à soi : je bois un café qui fait maigrir, ou, je bois un café Bio qui accompagne mes repas, ou, je bois un café traditionnel français.

Le café est le point noir ultime qui a parcouru le monde inconnu, en provenance d’espaces colorés et lointains. Concentré de plantes cherchées dans les tropiques, là où je passe mes vacances, où je remplis ma valise pour des voyages en solo en promo, qui me font rêver encore après en être revenue. Un concentré qui propulse mon réveil ; le café est le lien entre le travail et les vacances, entre la veille laborieuse et la vie d’aventures et de loisirs.

Moi qui voulais être séductrice quand je serai grande, j’ai dû transformer mon rêve de star en simple pin’s de working girl, dont les résultats se mesurent à coup de tableaux Excel et dont la productivité effective reste visuellement inférieure à celle d’un cultivateur de café colombien. Et voilà encore ma vie ramenée au café.

Et je regarde ce que je suis maintenant, résumée dans ce café : ce symbole du marché inéquitable s’équitabilisant, ce symbole de la lutte de la C.I.A. contre les narcos, et des politiques internationales qui vantent le développement le P.I.B. équatorial sans drogue ni prostitution. Et je bois ce café pour travailler, et je participe au sauvetage des anciennes colonies communistes d’Amérique du sud.

Dans mon tiroir il n’y a que des capsules.

Fitalety : Il y a donc du café pour maigrir, pour avoir un brûle graisse ou un coupe-faim sans en donner l’air, pour éviter les pilules qui lèvent les questions narquoises des collègues.

Cap’Mundo : Il y a aussi du café Bio qui vous accompagne pendant vos repas, pour une expérience culinaire des plus agréables. Où l’amertume et la chaleur révèlent les saveurs et préparent à la prochaine bouchée. Si vous souhaitez ajouter la pointe de luxe à votre vie, allez découvrir le menu au café du chez Michel Roth au restaurant Lasserre

Comptoirs Richard : Et il y a du café qui vous suive lorsque vous êtes allé quelque part pour uniquement en boire un bon, préparé autrement, dosé pour révéler le goût ou servi en cocktail. Une expérience que vous remportez avec vous dans quelques capsules.

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